Lorsque Pierre-Olivier Fineltin naît à Paris, Kennedy est déjà mort et les pavés ne sont pas encore des projectiles. Il grandit joyeusement parmi les embouteillages du Sentier, les têtes de veaux des Halles et les lumières des grands boulevards. Rien de bien notable de cette époque si ce n'est une altercation avec le fils du Roi du Couscous !
Parisien du centre, des squares poussiéreux furent ses premières Brocéliande et des pelouses interdites ses premières pampas. Quatre ou cinq écoles se débarrasseront de ce bruyant élève. Il en gardera une certaine capacité d'adaptation et le goût des voyages.

Quatre collèges et lycées se partageront l'adolescent jusqu'à son unique exploit : la prise à l'abordage du bac à lauréats. Avant cela, il tombe amoureux d'une affiche de Jodie Foster (Moi, fleur bleue), joue au basket-ball et se conduit en petit con. Un ou deux professeurs de Français lui donnent le goût de lire et d'écrire. On le retrouve vers 16 ans sur l'autre rive de la Seine, appareil photo en bandoulière et un goût qui se prononce pour les terrasses de bistrot, les jardins public et les conversations humoristiques.
Au tout début des années 80, Pierre-Olivier connaît une période routard durant laquelle lui et ses amis dorment sur les bancs à Prague, se saoulent dans le Péloponnèse, se font expulser de Hongrie et chantent avec des piémontais.

La New-wave et le Forum des Halles ont changé son quartier natal en repaire de corbeaux. Il va donc courir le XVIème arrondissement avec ses compagnons d'université : une arrière-petite-fille d'aérostier, une pseudo-cousine et un dessinateur belge. Quelques bords en Bretagne, quelques bordées en Irlande. "Vous avez deux jambes ? Vous devriez boire une pinte de Guinness pour chacune", lui lance-t-on à la sortie de son premier pub. Il a maintenant une dizaine de jambes. Il participe à une comédie musicale mais claque rapidement la porte sur la vie d'artiste, rencontre un poison nommé Wanda, une macrobiotique Nadia.

Etudiant en tarot et royales beuveries, il abandonne l'université pour la vie errante de représentant de commerce. Il fréquente assidûment un bar à musique, une amoureuse des fifties, une australienne. Du côté de Toulon, il découvre les plaisirs du Pastis.
Il tire à l'arc avec imprécision et rêvasse. Lassé de la vente, il redevient étudiant en école de commerce, travaille aux Etats-Unis, part vendre une ville aux Coréens et des machines aux Thaïlandais.

Plus tard, il atterrit dans le marketing des produits financiers, monte une jolie pièce avec des amies et apprend à jongler. Il commence à écrire pour une brunette et découvre la littérature médiévale. Puis il écrit pour ses amis dès qu'il se connecte à Internet. Un éditeur le répute non publiable car trop hétéroclite dans le fond et la forme. Il soigne cette déception à coups de margaritas dans Saint Germain des Prés. Un beau jour, profitant de sa prime de démobilisation, Pierre-Olivier Fineltin réfléchit sur l'utilisation littéraire du Web... et voilà les 24h d'Adrien.

Bio

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