Train du matin
Gens déjà fatigués
Ne regardant rien de leurs yeux vides
Debout silencieux immobiles
Personne n'ose déranger les pensées de l'autre
Personne n'ose entrer dans la vie de l'autrePour m'échapper je ferme les yeux
Je n'entends que les roues métalliques
Hurlant dans les tunnels
Juste un souffle d'air
Apportant d'étranges effluves
Le parfum acide d'une adolescente
La sueur grasse des travailleurs
La sueur aigre des employés
Du chou de Bretagne
Du fromage de Corse
Piment des Antilles
Ail bière et tabac froid
Soudain c'est le vertige
Je ne sais plus où je suis
C'est l'odeur lourde et chaude
Des souks orientaux
Thé à la menthe oranges épices
La voix du muezzin appelant à la prière
Je sens la brume
d'extrême-orient
Soupe épicée chop-suey et porc grillé
Vapeur d'opium au-delà du rideau
Encens bambou et orchidées
Alors j'ouvre mes yeux
Jamais plus ils ne seront vides
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