Ce respectable responsable du service production d'une entreprise industrielle, Cornélius van Wederplatz, avait toujours affirmé que rien ne lui était plus insupportable que de perdre son temps. Aussi lorsqu'il regardait derrière lui, aucune minute de son passé ne lui apparaissait perdue. A la fin de sa journée de travail, il s'octroyait un instant pour récapituler ses actions. Et son bilan était toujours équilibré : jamais de perte.

Son temps était toujours optimisé, les temps de battement minimisés. En fonction des contraintes extérieures -car le monde a été bâti par des incapables- Cornélius estimait avoir maximalisé son emploi du temps. Chaque lundi matin, il écrivait ses tâches hebdomadaire, déclinées chaque jour en tâches quotidiennes. Chaque soir, il comparait ses objectifs et ses résultats. Chaque soir, le résultat tombait exactement juste.
Ses vacances étaient minutieusement préparées. Le matin, l'après-midi, le soir, rien n'était laissé au hasard.

Un jour pourtant, il fut impossible à Cornélius de se souvenir de ce qu'il avait fait de la 15ème heure de la journée. Il la chercha partout : dans son agenda, sa mémoire, son placard à temps passé. Rien à faire, il avait perdu une heure.
Lui qui n'avait jamais perdu une seconde, en une seconde, avait perdu une heure. Heureusement, il en retrouva 10 !

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