Dors sous les ors de là plutôt qu'hors d'ici
Quand tu dors, ton temps est d'or. Le temps c'est de l'argent mais le sommeil est d'or.
Dors !
Pourquoi se contenter d'argent, lorsqu'on a du temps d'or ?

L'or brille plus que l'argent. Il a cet éclat pareil au soleil sur les blés de Juin. Voilà pourquoi les hommes recherchent l'or, le traquant, le piégeant sans relâche. Mais ce n'est pas la quête, seul compte le trésor.

Dors et rêve.
Les hommes creusent le roc pour réveler les terriers d'or. Mais l'aurifère ne laisse pas prendre : il s'éparpille en poussières et s'enfuit à la nage dans les cours d'eau.

Et l'homme rêve d'or. Le mirage le poursuit et le jour et la nuit. Avec des dents en or, il croque la misère et la broie. Avec un coeur d'or, il soulage les malheureux. Avec une bouche d'or, il entraîne des gogos à courir après des chimères.

Alors, les hommes tamisent les rivières. Parfois, brillent quelques paillettes qui renouvellent le l'espoir et le rêve. L'homme est prêt à tuer, à s'abaisser, à s'humilier pour un morceau d'or. Dès lors qu'il espère l'or, il ne connaît plus ordre ni morale.

Quand les hommes ont capturé assez d'or. Ils sculptent de subtiles entrelacs qu'ils accrochent aux cous des femmes. Alors, par l'or, ils proclament les femmes leurs. Mais si la femme veut s'échapper, ils lui menottent les poignets d'or, en lui disant :
- Dors, ma chérie, dors sous les ors...

Et la femme porte l'or, aux mains, aux chevilles, aux oreilles. Elle est belle. Elle brille comme de l'or. Elle vaut son pesant d'or. Et l'homme aime la femme d'or, la recouvre d'or. L'homme et la femme se lient d'un anneau d'or.

Tu brilles un instant et ton éclat se ternit. Près de l'or, tu parais plus mat. Tes mesquineries, tes lâchetés, tes mensonges et tes compromissions apparaissent. Ne risque pas le contraste !

Car l'or laisse des cicatrices noirâtres à celles et ceux qu'il tient en son pouvoir. L'or corrode la peau et corrompt le coeur.

Dors, rêve d'or...

A2C

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