Au cours du repas, la conversation s'anime un peu. Adrien s'efforce à des prodiges de poésie et d'esprit. Benoît et lui s'opposent à répliques mouchetées. Les autres suivent, sourient et comptent les points. Sylvie dirige son monde. Virginie parle peu.

Adrien et Benoît argumentent sur les mérites des vins et les immérites des devins. Sylvie, comme par hasard, demande à Adrien de tourner la salade. Il s'exécute en ne dispersant sur la nappe qu'à peine une poignée de feuilles.
Il sent des regards, auxquels il n'est pas indifférent, posés sur lui. Encore un test !

Adrien aide Virginie à débarrasser. Ils se retrouvent autour de la cafetière dans la cuisine.
- S'il te plaît, cesse donc ce petit jeu avec Benoît.
- Quel petit jeu ?
- Ne joue pas les idiots ! Tu sais bien ce que je veux dire. Je l'aime bien.

Guenièvre a parlé, Lancelot n'a plus qu'à se taire et soupirer...
Benoît reprend l'assaut courtois. Adrien esquive, rompt, se dérobe. Honteux, il regarde Virginie qui lui sourit. Certaines défaites d'amour-propre rendent finalement plus heureux que des triomphes égoïstes.

- Le café sur la petite table, ordonne Sylvie.

A21

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