Herr Professor Splaff, titulaire
de la chaire de Pluviotique à l'Université
Pluviométrique de Berne vient de réaliser l'expérience
suivante auprès de 254 sujets de robuste constitution.
Il s'agissait de déterminer si, face à une pluie p, il
vaut mieux adopter le comportement A ou le comportement
B. Comportement A : le sujet se replie légèrement sur lui-même. Il courbe la tête, plisse les yeux. Il ne balance plus les bras. Par effet mécanique, il ralentit son allure. Il reste donc longtemps sous les intempéries mais expose une moindre partie de sa personne. Comportement B : le sujet court. Son attitude est largement ouverte. Bien que plus exposé, il reste néanmoins peu de temps sous la pluie. Définition du résultat Pour déterminer le comportement le plus efficace, il faudrait définir ce qu'est l'efficacité d'un comportement face aux intempéries. C'est d'ailleurs une interrogation récurrente en pluviotique moderne. Le récent colloque qui s'est tenu au Havre (347 jours de pluie/an) a montré que les opinions étaient tranchées et les polémiques nombreuses. Globalement, les scientifiques se répartissent selon les deux grandes théories suivantes : soit un comportement efficace face aux intempéries est celui qui permet d'arriver le plus vite à destination, soit c'est celui où le sujet est le moins humide à l'arrivée. Herr Professor Splaff a magnifiquement résolu la question qui menaçait de faire imploser cette discipline. Il a, en effet, définit le ratio Humidité relative/Temps de trajet. Pour lui, le comportement efficace est donc celui qui optimise le ratio : le moindre temps avec la moindre humidité. C'était bien l'enjeu de l'expérimentation qui s'est tenue les 6 derniers mois dont 4 mois à dépouiller les résultats. Méthodologie d'expérimentation : les 254 sujets ont été revêtus d'un pull-over en maille spongieuse équipé de capteurs électroniques d'humidité. On regrette que 11 sujets soient morts électrocutés à cause d'une mauvaise étanchéité des batteries. Les batteries ont été remplacées avant de trouver d'autres volontaires. Il a fallu attendre une pluie p constante et régulière. Pour éliminer les anomalies statistiques, les expérimentations ont eu lieu sous le crachin breton, la mousson tropicale et également, toutes choses égales par ailleurs, sous les lances à incendies de la troisième brigade des sapeurs-pompiers de Genève utilisant l'eau du Lac Léman. Les tests se sont déroulés sur plusieurs distances : 1km, 5 km, 10km. 4 sujets sont morts de pneumonie au cours des expérimentations. 22 sujets du comportement B se sont vautrés en courant sous la pluie (nombreuses dents cassées, quelques entorses, contusions multiples et une fracture du coude). Les résultats Contrairement aux idées préconçues, mais Herr Professor Splaff est connu pour sa liberté face aux préjugés, aucun comportement n'est significativement efficace dans tous les cas. En revanche, la densité pluviométrique (ainsi que des circonstances externes du type retard) fonde la nécessité de l'adoption de l'un ou l'autre des comportements. Par conséquent, Herr Professor Splaff a déposé un brevet pour un "Densito-pluviomètre" qui indique le comportement devant être adopté selon le type d'intempérie rencontrée. Malheureusement, le Densito-pluviomètre Splaff nécessite de rester sous la pluie durant, en moyenne, 9'36''. L'expérimentateur est donc totalement mouillé lorsqu'il sait enfin quel comportement adopter. Nous laisserons le dernier mot au Professor Splaff avec son rigoureux bon sens habituel (nul doute qu'il est course, et bien placé, pour le Nobel) :"Le meilleur moyen pour arriver vite et sec sous la pluie reste encore de partir avec un parapluie." |
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